La dame de onze heures

jeudi 27 novembre 2025

Il est des lieux où la nature reprends ses droits

 

Lundi 24 novembre 2025

 


le Guiers mort, 

à Saint-Laurent-du-Pont,

 après la fonte des neiges et de fortes pluies.

Tôt ou tard, la nature finit toujours par reprendre ses droits, ce que semble oublier nos contemporains.

"L'homme pille la nature, mais la nature finit toujours par se venger."

Gao Xingjian

La montagne de l'âme.

Aidez-nous à préserver ce lieu en refusant que soit construit un immeuble de 20 mètres de haut.

 

Signez la    la pétition

dimanche 2 novembre 2025

Il est des lieux où souffle l'esprit



 
 
 
 
"Il est des lieux où souffle l'esprit"

Maurice Barrès  

 

A tout mes lecteurs de France et de Navarre

Aidez-moi à sauver ce lieu!

  Il est un tout petit lieu à Saint-Laurent-du-Pont...

Un lieu tout petit...

A peine visible de la grande route.

Il est un tout petit lieu que je veux chérir, préserver, sauver.

C'est pourquoi je dis NON  à la destruction de ce paysage 

pour construire des logements.

Une pétition est en ligne, qui explique (mieux que moi ) les raisons de ce refus.

En signant cette pétition, c'est une petite, une toute petite manière de

"jeter la lumière là où il y a de sales ténèbres"

André Charlier 

 


SIGNEZ LA PETITION 

  Empêchons la construction d'un immeuble à Saint-Laurent-du-Pont

 

mercredi 31 janvier 2024

La vie d'un simple

 
 

 
 
 
 A la mémoire des paysans d'hier et,
 en particulier, à la mémoire des vieillards familiers de mon enfance
 dont les souvenirs touchants, 
caustiques ou douloureux se lient à mes premières impressions
 et observations, ce livre est dédié.
 
 
 
 « Sans désirs coûteux,
Sans envie
Vivre tout simplement sa vie,
Mais la garder inasservie. »
 
 
 
La publication de La vie d’un simple, par Émile Guillaumin, en 1904, fut un événement à la fois littéraire et sociologique. Pour la première fois, en effet, un paysan accédait à la littérature et consacrait un roman à sa propre culture. La vie d’un simple, salué par Octave Mirbeau et Lucien Descaves, connut un succès exceptionnel. Si exceptionnel et si étrange que Daniel Halévy entreprit un voyage dans le Bourbonnais, où résidait Guillaumin, pour vérifier s’il s’agissait bien d’un authentique agriculteur. Dans ses Visites aux paysans du Centre (Grasset, 1934) Halévy raconte : « J’arrive à l’heure de la traite et le surprends dans son étable aidant sa jeune femme qui tire le lait des vaches. Il vient à moi. Quel paysan ! Démarche lente, un rien penchée, visage immuable et grave ».

Vrai paysan, Émile Guillaumin l’est en effet, avec ses trois hectares de terre et ses trois vaches, exploitation minuscule alors assez courante. Daniel Halévy, familier des militants ouvriers parisiens, grâce aux Universités Populaires, ignorait qu’il pouvait exister dans les campagnes des travailleurs manuels sachant lire, aimant lire, voire écrire, et qui luttaient pour l’amélioration de leur condition sociale. Au début du XXe siècle, les métayers du Bourbonnais se constituaient en effet en syndicat et Guillaumin sera toute sa vie un militant -syndicaliste paysan.

À l’exception du service militaire et de la guerre de 1914-1918, Guillaumin vécut toute sa vie à Ygrande (Allier) où il naquit le 10 novembre 1873 et mourut le 27 septembre 1951. Bien qu’il n’ait fait que cinq ans d’études dans l’école primaire de son village, Guillaumin débuta très jeune en littérature et continua à écrire et à publier pendant toute sa vie se disant « un paysan homme de lettres ».

Son chef-d’œuvre, La vie d’un simple, n’est pas une autobiographie, mais un vrai roman, document exceptionnel sur la vie paysanne en France dans la seconde moitié du XIXe siècle. Guillaumin ne force pas le trait de ses personnages, ne les noircit pas. Il est discret et, en même temps, son récit tranquille constitue un terrible réquisitoire. C’est la vérité de ce livre pudique qui fit son succès et qui lui assure aujourd’hui, un siècle plus tard, sa pérennité.

 

Michel Ragon
critique et historien de l’art et de l’architecture moderne,
romancier

 

 Source

 

 


 

La Vie d'un simple est un livre qui vient du fond du peuple, chose bien rare, et du fond du peuple paysan, chose unique...
D'un grand-père conteur d'histoires, Guillaumin tint le goût de conter, et il eut le courage d'ajouter au labeur paysan un labeur d'écrivain. Le plus bel exemple d'homme de lettres pratiquant le deuxième métier, c'est Émile Guillaumin qui le donne...Le Bourbonnais est loin, et la rumeur parisienne nous distrait d'y connaître et d'y entendre un juste. Mais la rumeur est chose passagère, la valeur ne passe pas, et Émile Guillaumin est sûr d'occuper, dans l'histoire de notre peuple, une place où il est indispensable et seul.
Daniel Halévy.

 


 

 

dimanche 25 juin 2023

Les Buissonnantes et la gemmothérapie

 


Du Vaucluse aux Pyrénées

L’équipe des Buissonnantes 

 cueillent à la main des plantes fraîches et sauvages. 

En septembre, vous découvrirez leur nouvelle marque de gemmothérapie 100% française et biologique dans leur boutique en ligne. 

Notons au passage le design raffiné 

d’Eleonore___m 

que nous apprécions tout particulièrement.

D'ici là, n'oubliez pas d'en découvrir d'avantage 

sur la gemmothérapie et leur marque

 

vendredi 3 mars 2023

Soutenez l'ouverture du collège Montessori Saint-Louis à Ouches, à proximité de Roanne

 

pour la rentrée de septembre 2023.



    Vidéo de présentation: Olga Valeska 

 
C’est un réel bonheur pour les parents d'élèves de contribuer à la naissance d’un tel lieu et de vous en dire plus sur ce qui se prépare !
Maria Montessori a pensé un environnement riche et passionnant pour les adolescents, au plus près des spécificités de cet âge de transition si délicate. 

                  Un potager ainsi qu'un poulailler seront installés dans le terrain

 

Dans ce collège, savoirs, transmission et vie de groupe se déclinent dans tous les aspects du quotidien. Un lieu d’épanouissement des élèves dans un cadre bienveillant qui promeut l’apprentissage de l’autonomie.


Pour que ce lieu prenne la forme qui rendra tout le projet possible, à présent ils ont besoin de vous. Vous êtes des proches, ou des moins proches, leur projet vous plaît, vous interpelle ?
Pour mieux connaître ce qu’est un collège Montessori, rendez-vous sur cette page, elle vous renseignera aussi sur les travaux qui les attendent, sur leurs besoins financiers. 

Ouverture du collège Montessori

 

                      Des travaux estimés à plus de 100.000 €

Si vous aussi vous pensez qu’il serait beau qu’un tel lieu voit le jour, n’hésitez pas à les aider et à contribuer ainsi à bâtir des alternatives qui enrichissent le monde !
En leur nom à tous, merci ! 

 

 

 

 

 

 

mardi 24 janvier 2023

LA MAISON DE CARL ET KARIN LARSSON

 


 

 

Il était une fois, 

au cœur de la Dalécarlie en Suède, 

 une  maison à la façade "rouge de Falun", 

où vécut  

Carl et Karin Larsson


 

 

 


La pluie sur Cavillargues

 Cette douce pluie Grise et recueillie 

 Sous sa pèlerine

 Lentement chemine

 

 De ses doigts de laine

 Voilà qu’elle égrène 

Son long chapelet 

 Au fil des forêts.

 

 Des feuilles dorées 

Volent écharpées, 

A ses cheveux d’eau

 Se collent bientôt.

 

 Et le vieux clocher, 

Se met à sonner 

En jetant au vent 

Ses pigeons d’argent. 

 

Dans ce vieux village 

Si calme et si sage 

On pourrait penser 

Que rien n’a changé 

 

Et que dans cent ans 

Les Cavillarguais 

Et leurs descendants Parleront français.

Laurence Guillon

 

 


 

dimanche 15 janvier 2023

Miss Maud Silver tricotte à la manière continentale



[…] Son grand sac noir était à ses pieds sur le sol. Il était ouvert et contenait une pelote de laine bleue pâle avec laquelle elle tricotait un gilet douillet et une barboteuse pour la petite Joséphine de sa nièce Ethel Burkett. Elle gardait les mains très bas sous les genoux, tenant les aiguilles à la manière continentale, comme une institutrice allemande, Fraülein Stein, le leur avait enseigné, à Cécilia et à elle-même lorsqu’elles étaient à l’école. Cette méthode offre le grand avantage de rendre pratiquement impossible de sauter une maille. Si bien qu’il n’est nécessaire de surveiller ni les mains ni l’ouvrage. Miss Silver ne jetait qu’un coup d’œil épisodique au cliquetis rapide de ses aiguilles ou au tricot bleu qui s’allongeait. […]

 

Patricia Wentworth

Miss Silver entre en scène

Éditions 10/18  Grands détectives

Page 203

 




 [...] On peut estimer qu'Agatha Christie a largement repris ce modèle d'héroïne : le neveu, le tricot, les citations de Tennyson..., tout y est, à un point troublant de similitude. Certes, d'autres auteurs ont aussi eu à cette époque leurs "Miss ou Mrs quelque chose" (Miss Seeton chez Heron Carvic, Mrs Bradley chez Gladys Mitchel...) mais aucune de ces dames n'arrive à la somme de points communs qu'on peut constater entre Miss Silver et Miss Marple. La différence entre les deux "Miss"réside plutôt dans le traitement des intrigues : étude psychologique des personnages plus poussée chez Agatha Christie, romanesque plus poussé chez Patricia Wentworth. [...]
Source

 À noter que la Miss Marple  d'Agatha Christie  n'apparaît qu'en 1932, et que Patricia Wentworth la « considère alors comme un strict plagiat de sa propre création »

 

jeudi 28 avril 2022

Editions La cour intérieure

                 Carton d'invitation sur drapé de Jean Siméon Chardin

 

"La cour intérieure " 

est heureuse de vous convier à l'inauguration et à la visite de son atelier d'art, 

le samedi 7 mai 2022

 à La Bénisson Dieu 

de 14 h à 18 h.

Gens de la Loire ou d'ailleurs 

si le détour vous amène jusque là, vous serez reçu avec plaisir.


Éditions La cour intérieure

 

 

 

samedi 24 juillet 2021

Art de vivre


 

Aujourd'hui, j'ai ramassé des haricots.

Ils ont poussé sous la pluie à côté de l'amarante réfléchie.

Nous avons regardé et appris, penchés sur la terre, les haricots dans le tablier.

"Où est-elle donc passée, cette plaisante culture de l'art de vivre? Cette vie semblable à un long fleuve tranquille [ ...], ce vin rouge, ces miches de pain blanc floconneux et ces savoureux ragoûts de la cuisine du nord de la France, où sont-ils donc passés? Ces réunions vespérales du maire, du curé et des autres notables? Cette existence fondée sur une acceptation joyeuse de la vie? Disparus ! Disparus, et peut-être à jamais."

Ernst Jünger

Orages d'acier

 

Se peut-il, qu'un jour vraiment, tout, absolument tout disparaisse? 

 

 

A l'école de Jean de La Fontaine

Illustration

Le loup et le chien

 Fables de La Fontaine, Hachette, 1867

 Gustave  Gustave Doré



 Un Loup n'avait que les os et la peau,
Tant les chiens faisaient bonne garde.
Ce Loup rencontre un Dogue aussi puissant que beau,
Gras, poli, qui s'était fourvoyé par mégarde.
L'attaquer, le mettre en quartiers,
Sire Loup l'eût fait volontiers ;
Mais il fallait livrer bataille,
Et le Mâtin était de taille
A se défendre hardiment.
Le Loup donc l'aborde humblement,
Entre en propos, et lui fait compliment
Sur son embonpoint, qu'il admire.
"Il ne tiendra qu'à vous beau sire,
D'être aussi gras que moi, lui repartit le Chien.
Quittez les bois, vous ferez bien :
Vos pareils y sont misérables,
Cancres, hères, et pauvres diables,
Dont la condition est de mourir de faim.
Car quoi ? rien d'assuré : point de franche lippée :
Tout à la pointe de l'épée.
Suivez-moi : vous aurez un bien meilleur destin. "
Le Loup reprit : "Que me faudra-t-il faire ?
- Presque rien, dit le Chien, donner la chasse aux gens
Portants bâtons, et mendiants ;
Flatter ceux du logis, à son Maître complaire :
Moyennant quoi votre salaire
Sera force reliefs de toutes les façons :
Os de poulets, os de pigeons,
Sans parler de mainte caresse. "
Le Loup déjà se forge une félicité
Qui le fait pleurer de tendresse.
Chemin faisant, il vit le col du Chien pelé.
"Qu'est-ce là ? lui dit-il. - Rien. - Quoi ? rien ? - Peu de chose.
- Mais encor ? - Le collier dont je suis attaché
De ce que vous voyez est peut-être la cause.
- Attaché ? dit le Loup : vous ne courez donc pas
Où vous voulez ? - Pas toujours ; mais qu'importe ?
- Il importe si bien, que de tous vos repas
Je ne veux en aucune sorte,
Et ne voudrais pas même à ce prix un trésor. "
Cela dit, maître Loup s'enfuit, et court encor.

dimanche 29 novembre 2020

mardi 7 juillet 2020

Les haies de Benjes de La dame de onze heures

 

  


                                   Souvent je pense à vous, quand je travaille à construire des haies mortes. Qu'elle bonne idée vous avez eu. Je ne vous remercierai jamais assez.

Pour ma première haie, j’ai utilisé la structure de celle du  buis détruite par la Pyrale. Cette haie fut facile à faire ; je n'avais qu'à glisser les bois entre les branches.  Celle construite avec  la haie de  thuyas, desséchée par un terrible champignon, le Phytophthora cinnamomi , fût vraiment complexe à faire. Plantés alignés, ils offraient peu de possibilité pour glisser les branches de  bois. J'ai dû les fixer avec des attaches. 

Croyant bien faire, j'ai  utilisé les branches de ces arbustes qui séchaient sur place. Il s'avère que la haie n'était pas très esthétique. J’ai donc éliminé tout ce qui vieillissait mal pour ne garder que les branches les plus belles, prises dans l’élagage des frênes ainsi que des branches de noisetiers.

D'autres haies ont été faites de toutes pièces, avec les moyens du bord. Piquets de fer rouillés, poteaux de bois. L'assaut des tempêtes les ont laissé de guingois. 

Qu'importe. Voilà qui fait tout leur charme. 

 La vigne vierge, le gaillet gratteron,  grimpent allègrement. Par endroit l'herbe a poussée alors que le terrain désespérait de voir pousser quoique ce soit, de nouvelles essences d'arbres ont vu le jour. Les oiseaux se perchent, le soleil filtre ses rayons, les capucines grimpent. Même, une glycine que j'ai posée dans un coin - tout contre -  sans plus m'en occuper,  s’installe lentement sur une de mes haies de Benjes qui confèrent à mon jardin un aspect fou et non conventionnel, à l'instar de mes patchworks, fous eux-aussi. 
















jeudi 7 mai 2020

La Tirade aux Incompétents de Didier Barbelivien







Le chanteur  a adapté librement la fameuse stance pamphlétaire de Ruy Blas que l’on doit à Victor Hugo, dans laquelle l'impertinent valet dénonce les impérities de ministres espagnols corrompus.



RUY BLAS, survenant.

Bon appétit ! messieurs ! –

Tous se retournent. Silence de surprise et d'inquiétude, Ruy Blas se couvre, croise les bras, et poursuit en les regardant en face.

O ministres intègres !
Conseillers vertueux ! voilà votre façon
De servir, serviteurs qui pillez la maison !





Adaptée librement de Monsieur Pierre Corneille


***


Bon appétit Messieurs ô ministres intègres  

Qui confinez la France comme on fait du vinaigre

Depuis bientôt deux mois de ce confinement

A défaut d'être là vous savez faire semblant


Nous on manque de masques mais pas vous quand j'y songe

Qui avancez fièrement sous celui du mensonge

Puisqu'il y a trois semaines vous affirmiez crétins

Qu'en porter par prudence n'était pas opportun


Et voilà qu'ils arrivent comme par enchantement 

Deviennent obligatoires même aux petits enfants

Comme dit la cuisinière préparant une omelette

Si j'avais eu des œufs elle serait déjà prête


Qui donc a décidé depuis le jour funeste

De cette pandémie dangereuse comme la Peste

Qui donc a décidé de bâtir en urgence

D'autres lits d'hôpitaux dont a besoin la France


Si jamais Dieu nous garde une deuxième vague

Venait à subvenir plus forte que les vagues

Que vous interdisez aux français en  vacances

Nous faisait replonger dans un Etat d'urgence



Vous compteriez encore sur l'absolu serment

D'Hippocrate bien sûr et des médicaments

Qui viendront à manquer comme toujours comme le reste

Vous qui ne manquerez pas d'retourner votre veste



Et vous rendrez hommage aux milliers d'infirmières

A ces Docteurs Courage qui sont partis en guerre

Pour soigner les malades faire front à la carence

De vos discours minables de votre incompétence



J'n'ai pas pour habitude de jouer la polémique

Moi dont la profession est paroles et musique

Mais devant tant d'errances et tant de comédie

Je tire ma révérence pas encore con fini.





La dame de onze heures a lu cet article sur Le Figaro




vendredi 1 mai 2020

Pastiche d'une lettre de Madame de Sévigné à sa fille Madame de Grignan.






 Jeudi, le 30ème d'avril de 1687


...  "Surtout, ma chère enfant, ne venez point à Paris !

Plus personne ne sort de peur de voir ce fléau s’abattre sur nous, il se propage comme un feu de bois sec. Le roi et Mazarin nous confinent tous dans nos appartements. Monsieur Vatel, qui reçoit ses charges de marée, pourvoie à nos repas qu'il nous fait livrer. Cela m’attriste, je me réjouissais d’aller assister aux prochaines représentations d’une comédie de Monsieur Corneille "Le Menteur", dont on dit le plus grand bien. Nous nous ennuyons un peu et je ne peux plus vous narrer les dernières intrigues à la Cour, ni les dernières tenues à la mode. 


   Heureusement, je vois discrètement ma chère amie, Marie-Madeleine de Lafayette, nous nous régalons avec les Fables de Monsieur de La Fontaine, dont celle, très à propos, « Les animaux malades de la peste » !




 « Ils ne mouraient pas tous, mais tous étaient frappés »".







  Je vous envoie deux drôles de masques ; c’est la grand'mode. Tout le monde en porte à Versailles. C’est un joli air de propreté, qui empêche de se contaminer.
Je vous embrasse, ma bonne, ainsi que Pauline..."





Les belles lettres de  Madame de ...

... s'envolent au vent, parcourent le temps.
Traits de caractères, défauts, petit travers sont sa matière.




dimanche 19 avril 2020

Voyage autour de ma chambre




Xavier de Maistre ou l'éloge du confinement 



Alors que le XVIIIème siècle regorge des – probablement – plus grands auteurs de langue française, comment de pas évoquer, en cette  actualité, le grand Xavier de Maistre. Né en 1763, soit cinq ans avant l’illustre Chateaubriand, il est le frère du grand contre-révolutionnaire Joseph.


Militaire, il est mis aux arrêts en 1790 à la suite d’un duel, il écrit le fameux Voyage autour de ma chambre. Cet ouvrage est non seulement précurseur du romantisme, mais il est aussi à méditer. Il s’agit d’une sorte d’éloge du confinement. Il meurt en 1852. Même sainte Thérèse de Lisieux y fait référence dans Histoire d’une âme (publié à titre posthume en 1898). Le Voyage sera publié en 1795 par l’auteur des Considérations sur la France. Dans son récit, composé de quarante-deux chapitres, Xavier nous invite à le suivre dans son lieu de confinement forcé, et à lire ses pensées sur le monde de l’époque, ses activités quotidiennes, en écrivant une sorte d’histoire de sa chambre.






Il est intéressant de constater que le personnage principal du Voyage est la chambre, Xavier de Maistre n’étant que l’habitant la commentant et la décrivant. Lui même parle, dès son premier chapitre, des « observations intéressantes (qu’il a) faites », de plus en souhaitant, grâce à son livre, que nous brisions notre ennui. Quand il présente son voyage, on peut déceler une certaine jubilation de l’auteur dans son confinement. Par ailleurs, dans le confinement que nous vivons actuellement, en 2020, il y a aussi une sorte de plaisir à redécouvrir plusieurs choses : sa famille, sa bibliothèque. Les deux sont probablement les plus belles occasions de profiter de l’enfermement car il s’agit du retour aux sources.

Il ne s’agit pas là de nous plonger dans une certaine nostalgie, mais au contraire un espoir, une espérance de sortie de confinement, car celui-ci permettra de redécouvrir notre vie avant enfermement à domicile. La sortie du confinement sera un moment très conservateur, car les habitudes reprendront. Par son, ou plutôt « le », Voyage, Xavier de Maistre écrit une œuvre particulièrement moderne. À l’heure de l’inventaire – Xavier en fait non seulement un, mais il le décrit et nous laisse rêveur quand à la beauté de ses propos, car l’écrivain sait profiter de l’instant. Il sait profiter de l’amitié, comme le montre l’exemple touchant de sa chienne, malheureusement morte, qui serait même une métaphore de l’amour.






Maistre soutient alors que l’amour est avant tout une amitié. Maistre nous présente aussi ses amis du confinement, ses tableaux (durant la descriptions, Xavier se lance dans une tirade sur l’art, et plus particulièrement Raphaël). Quand il décrit cette décoration, il démontre un attachement à l’ancien, car l’enfermement le fait réfléchir. C’est pour cela que ce livre est non seulement philosophique, mais aussi est terre à terre. Xavier nous donne une leçon pour l’avenir. Alors que nous redécouvrons nos bibliothèques, à quel moment aurions-nous le temps de le faire si ce n’est durant des vacances ou la retraite ? C’est pour nous une invitation au voyage, et, comme il l’écrit lui même : « une nouvelle manière de voyager. » Aujourd’hui, dans la tragédie de l’inculture et de la société plus fascinée par un écran que des pages d’un livre sentant encore l’imprimerie, il est temps de repartir vers une recherche intellectuelle.

Cette recherche peut être due à un sentiment de solitude à combler, comme quelque chose à partager. Heureux soient les solitaires, ils ont tellement à nous apprendre sur une vie fermée et cultivée. Si le moine prie pour le autres, le solitaire se cultive pour les autres. Avec ce confinement « coronavirien », rien de tel que de voyager dans le repos, en faire un éloge comme l’écrivait Paul Morand. Si le Voyage est à la fois un rêve, une quête et une réalité, il permet l’évasion de l’esprit. Cet esprit, dont Xavier de Maistre sait manier d’une manière folle, notamment lorsqu’il compare son isolement et un voyage touristique (« ce voyage ne (lui) a rien coûté »), il sait que ce Voyage est un esprit qui est, comme l’écrivait Valéry : « une puissance de prêter à une circonstance actuelle les ressource du passé et les énergies du devenir ».






Voilà pourquoi Xavier est un romantique en devenir, et qu’il est comme Joseph, un contre-révolutionnaire. C’est grâce au passé que l’on peut s’en sortir. Si l’on dit qu’on est condamné à revivre son passé si on ne le connaît pas, ce confinement peut alors nous aider. Dès que nous avons un livre en bibliothèque, il a beau être très actuel (peu importe la date de sa publication, ce livre peut être prophétique, par exemple l’œuvre de Philippe Muray), il appartient déjà au passé, à l’histoire. Xavier de Maistre, enfilant sa tenue de voyage, qui n’est qu’autre que sa robe de chambre, nous emmène avec lui dans un univers qu’il souhaite nous faire connaître, à savoir son lit, ses tableaux, de ses romans (il est important pour l’auteur de le signaler) et ses pensées.

Au travers l’œuvre, nous voyageons dans l’esprit de Xavier de Maistre, un esprit de réconfort, de sourire, mais avant tout de culture et d’ouverture sur une pièce maîtresse de l’existence : la chambre. Bien que le confinement soit un acte politique, compliqué à vivre, Xavier nous propose une existence qui permet de connaître son passé, et mieux appréhender son futur, une nouvelle sensation que le déconfiné découvrira et exprimera, comme Xavier : 

« c’est aujourd’hui donc que je suis libre » !





La dame de onze heures a lu cet article 
de François Degets 
sur 



Je voudrais un mari






Je voudrais un mari

Refrain :
Je voudrais un mari
Docile et sans reproches
Qui aille dans ma poche
Un vrai petit mari
Je le voudrais petit
Mignon et bien gentil
Et qui ne grogne pas
Surtout comme Papa


Je veux dans ma maison
Agir à ma façon
Régner, gouverner à ma guise
chez moi
J'entends faire la loi
Tant pis si ça le défrise

Refrain

Il devra s'occuper
De promener Bébé
Et de tous les soins du ménage
Levé de bon matin
Il devra c'est certain
Mettre tout son cœur à l'ouvrage

Refrain

J'exigerai de lui
Qu'il soit toujours bien mis
Astiqué des pieds à la tête
Qu'il soit gai et rieur
Toujours de bonne humeur
Et que jamais il ne s'entête

Refrain

Quand j'irai au marché
Pourquoi vous le cacher
Je veux qu'il m'accompagne
Comme un petit baudet
Je lui ferai porter
Les fruits que produit la campagne

Refrain

Je veux sachez-le bien
Qu'il soit tendre et câlin
Oui! Mais avant tout bien fidèle
Je veux qu'aux yeux de tous
Des moqueurs, des jaloux
Il serve en tout lieu de modèle